samedi 16 juillet 2011

Un manipulateur

Visite de Taliesin en ce samedi finalement chaud et humide, près de Madison, au Wisconsin. Taliesin, c'est la première résidence de l'architecte Frank Lloyd Wright. Au début du siècle dernier, c'était sa résidence principale. Et devant le froid qu'il fait ici en hiver, il s'était déplacé, avec sa famille, en Arizona, où il a construit Taliesin West. Comme j'avais vu cette "demeure d'hiver" il y a deux mois, c'était normal que j'arrête ici pour voir la "résidence d'été". Mais surtout parce que j'aime l’œuvre - pétée - de Frank Lloyd Wright. Sa réalisation la plus connue, c'est peut-être le Guggenheim Museum à New York, bâtiment inspiré d'un coquillage.

L'homme était un manipulateur. Dans son genre. Sa maison (du moins, ce que j'en ai vu) est faite pour "impressionner" le visiteur. Par exemple, les plafonds sont particulièrement bas (l'homme faisait quand même 5,6 pieds) afin que le visiteur soit obligé de se pencher pour y circuler. Ainsi, pendant que le visiteur pense à ne pas se cogner le front à tout bout de champ, il est déstabilisé par son hôte qui peut lui dire n'importe quoi. La bâtisse est faite pour s'intégrer dans le paysage; elle est donc faite en bois du coin. Mais, comme elle a été conçue et bâtie par FLW et ses étudiants, elle s'écroule un peu... Dans les récents travaux de rénovations, les entrepreneurs ont dû relever une pièce de la maison qui menaçait de dévaler la pente. Ils relevaient d'un demi-pouce par jour. C'est énorme! Jusqu'à ce que le reste de la maison en souffre... Mais ça a pris 4 pouces! Une des pièces de séjour est faite en angle: quand le visiteur y entre, il n'a pas le choix de regarder dans l'angle opposé et voit, par les immenses fenêtres, la vallée qui se déroule à ses pieds. C'était pour amadouer le visiteur que FLW a pensé à orienter cette pièce-là comme ça... Un manipulateur, je vous dis.

La maison, aujourd'hui, sert d'école d'architecture et les étudiants font comme FLW: ils vivent au Wisconsin au printemps et en été, et filent en Arizona l'automne venu.

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