samedi 4 juin 2011

Gris et rose

C’est gris, mes amis, même les gens de la place n’en reviennent pas! Il a commencé à pleuvoir, tout doucement, hier soir à l’heure du souper. Ça a duré toute la nuit. Sur le toit d’Azarius, ça a picossé toute la nuit. Ça dort bien, je trouve, même si c’est un peu humide en dedans…
Puis, ce matin, le déluge. Rien de moins que le déluge. Les essuie-glaces à fond de train pendant une grosse heure, sur la 101 Nord, en laissant San Francisco derrière moi. Je suis arrivée dans Napa Valley à la pluie battante. La madame, au bureau du Tourist Info, n’en revenait pas elle-même! En janvier, oui, de la pluie. Mais pas en juin. Et dire que dans mon guide touristique, ça disait que Napa Valley était reconnue pour son ensoleillement, ce qui contribuait à faire pousser les vignes! Pffff.
J’ai remonté le long de la route 29 Nord, jusqu’à Calistoga, au bout de la Napa Valley. Je me suis installée dans un camping drabe pour deux soirs. Et j’ai commencé mon exploration de la vallée par la visite d’un château. Oui, oui : un château. Vous savez, les Américains, quand ils ont de l’argent, ils ne savent pas toujours quoi en faire. Alors, il y a un riche Américain, Darlo Sattui (y’a de l’italien là-dedans, j’en conviens) qui a décidé qu’il aimait un château du XIIe en Toscane (oui, oui, c’est en Italie, ça), alors il l’a fait défaire pierre par pierre et l’a fait reconstruire ici. Quand? Dans les années 1990. Le château a 8 étages dont 4 sous la terre, où la température et le degré d’humidité sont constants. C’est ce que ça prend pour conserver le vin. Même s’il y a 900 pieds de caves, c’est une toute petite propriété qui ne produit que 15 000 caisses de bouteilles de vin par année; évidemment, le vin ne s’achète qu’au château… après une visite.
Le Castello di Amorosa, puisqu’il faut l’appeler par son nom, produit surtout des vins de style italien (quel hasard), comme du Sangiovese ou du Pinto Grigio. Pour une somme pas tout à fait modique, on peut faire le tour du château (il y a un donjon, une salle de torture, une immense salle de réception avec des fresques et une autre salle de réception «dans» la terre) et déguster huit vins produits par la maison. Et pour une somme encore moins modique, on peut acheter des bouteilles. J’ai passé mon tour. Quand la bouteille la moins chère se vend 38$, on peut penser ce que ça serait avec les taxes de la SAQ. Et c’est surtout que je ne vois pas ce que je pourrais me faire comme bouffe, dans Azarius, pour profiter d’une telle dépense. Je suis quand même limitée dans mon organisation culinaire là-dedans! La rapporter? Il faudrait que je traine cette bouteille avec moi et Azarius n’est pas une cave à vin : il peut faire 40 comme 10 dans mon camion!
Il a beau faire bazwellement gris dehors, j’ai les joues pas mal rose.

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